L’hiver s’installe doucement et transforme chaque voyage en TGV en une parenthèse enchantée. Il y a quelque chose de fascinant à observer le paysage défiler à travers la grande baie vitrée du TGV Inouï. À grande vitesse, la nature nous offre un tableau vivant, une œuvre d’art éphémère où le givre, le brouillard et la lumière du matin jouent ensemble.

Bien installé dans mon siège, un café chaud entre les mains, je me laisse porter par le rythme du TGV. Dehors, les champs s’étendent sous une fine couche de givre, donnant à la terre des reflets argentés. Les arbres, figés par le froid, dressent leurs branches comme des sculptures naturelles. Tout semble silencieux, immobile… et pourtant, à bord du TGV, le temps file.

C’est ce contraste qui me captive à chaque voyage : la vitesse du TGV, fluide et puissante, face à l’apparente immobilité du monde extérieur. À 300 km/h, on traverse les saisons en quelques heures, on quitte l’agitation des gares pour plonger dans des paysages hivernaux qui semblent presque hors du temps.

Puis, au détour d’une forêt, la magie opère. Quelques biches, hésitantes, s’aventurent hors des bois. Dans cette immensité blanche, leur présence est un clin d’œil à la nature, un moment suspendu que seuls les plus attentifs pourront capter depuis leur place dans le TGV. Ce sont ces petits instants, fugaces et précieux, qui rendent chaque trajet unique.

Dans le wagon, l’ambiance est feutrée. Certains dorment, bercés par le roulement du TGV, d’autres travaillent, le regard absorbé par leur écran. Moi, je choisis d’admirer, de savourer ce que l’hiver a à offrir. Parce qu’un voyage en TGV, ce n’est pas seulement un moyen d’aller d’un point A à un point B, c’est aussi une invitation à observer, à s’évader, à ralentir intérieurement malgré la vitesse extérieure.

Longtemps, j’ai perçu l’hiver comme une saison rude, trop froide, trop sombre. Mais avec le temps, j’ai appris à en voir la beauté. L’hiver a sa poésie, et quoi de mieux qu’un trajet en TGV pour en apprécier chaque détail ? Le givre qui s’accroche aux fils électriques, le brouillard qui enveloppe les plaines, la lumière pâle du matin qui joue avec les reflets du train… Chaque fenêtre du TGV devient un cadre qui sublime cette saison.

Puis, le soleil commence à percer timidement à l’horizon. Ce moment, juste avant l’arrivée en gare, où le ciel s’embrase de teintes rosées, est l’un de mes préférés. Il y a une douceur particulière dans ces couleurs hivernales, une promesse de renouveau qui contraste avec la froideur du matin.

Petit à petit, les paysages gelés laissent place aux premières habitations. La gare approche, la magie du voyage touche à sa fin. Le TGV ralentit, la routine reprend ses droits. Mais quelque part en moi, ces images restent gravées, comme une carte postale mentale de ce spectacle hivernal.

Parce qu’au fond, prendre le TGV, c’est bien plus que se déplacer. C’est aussi s’accorder une pause, un instant de contemplation entre nature et vitesse, entre silence et mouvement. Chaque trajet raconte une histoire différente, et chaque saison y apporte sa propre mise en scène.

Alors, en attendant le prochain départ, je garde en tête ces paysages givrés, ces biches aperçues furtivement, et cette douce sensation d’avoir, l’espace d’un instant, voyagé à travers un tableau vivant.

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