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Non, le problème n’est pas le manque de place

 

Combien de fois ai-je entendu cette phrase, presque devenue un refrain, en montant à bord des nouvelles rames dites “Océane” : « Franchement, il n’y a plus de place pour les bagages ! » Dite sur un ton agacé, parfois résigné, souvent pressé. Et pourtant… après des dizaines de trajets, d’observations discrètes et de situations bien concrètes, une chose est devenue évidente : le problème des bagages n’est pas un problème de place. C’est un problème d’habitude.

Parce que oui, de la place, il y en a. Elle existe, elle est pensée, elle est répartie. Mais encore faut-il l’utiliser comme elle a été conçue. Et ça, dans le tumulte des départs, des quais bondés et des montées rapides, on l’oublie un peu trop souvent.

Voyager en train, ce n’est pas juste s’asseoir et attendre l’arrivée. C’est un petit écosystème temporaire, partagé avec des dizaines d’autres personnes. Et dans cet espace commun, le bagage devient rapidement un sujet sensible. Il encombre, il rassure, il énerve parfois. Surtout quand on a l’impression qu’il “n’y a plus de place”.

Pourtant, les règles sont claires, simples, et surtout pensées pour que tout le monde y trouve son compte. Par personne, deux valises maximum et un bagage à main. Rien d’extravagant. Juste de quoi voyager confortablement sans transformer la voiture en garde-meubles ambulant. Et surtout, chaque voyageur doit être capable de porter seul ses bagages. Ce détail n’en est pas un. Il conditionne tout le reste.

Les dimensions aussi sont précises. Le bagage à main, souvent appelé bagage cabine, doit rester compact. Il est fait pour se glisser sous le siège. Pas pour trôner fièrement dans l’allée ou monopoliser un espace qui n’est pas le sien. Les valises plus volumineuses, dites XL, ont leur place dédiée aux extrémités des voitures. Là où l’espace est prévu pour ça. Pas au hasard. Pas “en attendant”. À leur place.

Et c’est souvent là que le décalage apparaît. On voit des sacs à dos énormes posés sur les racks à valises. Des petites valises installées dans des zones prévues pour du très grand format. Des bagages à main qui voyagent sur les sièges voisins “parce que c’est plus pratique”. Résultat : visuellement, tout semble plein. Concrètement, tout est mal utilisé.

Dans les TGV Océane, chaque centimètre compte. Mais surtout, chaque type de bagage a son rôle. Le sac à dos ou la petite valise cabine ? Sous le siège. Toujours. Même si ça demande de se pencher un peu. Même si ce n’est pas l’option la plus rapide. Les grandes valises ? Aux extrémités. Là où elles ne gênent ni la circulation, ni les jambes, ni les regards exaspérés.

Certaines personnes qui voyagent à l’étage choisissent de laisser leurs bagages en bas pour éviter de les monter. Sur le moment, ça peut sembler plus simple. En réalité, c’est l’une des principales sources de tension et de désorganisation. Les espaces du niveau inférieur sont pensés pour les voyageurs qui y sont installés, pas pour accueillir les bagages de tout l’étage.

Mettre ses bagages à l’étage quand on voyage à l’étage, c’est un geste simple. Un geste de respect. Et aussi un geste malin. Parce qu’en laissant sa valise loin de soi, on s’expose à des risques inutiles, notamment lors des arrêts en gare. Un train s’arrête, des portes s’ouvrent, des flux montent et descendent. Une valise laissée sans surveillance devient une opportunité. Et personne n’a envie de commencer son voyage ou son arrivée avec ce genre de mauvaise surprise.

Ce qui est intéressant avec les bagages sur le TGV Océane, c’est qu’ils racontent beaucoup de notre rapport au collectif. Chacun agit avec sa logique individuelle, souvent dans l’urgence, sans mauvaise intention. Mais mis bout à bout, ces petits choix créent une impression de chaos. Une impression fausse, mais bien réelle.

Quand chacun range son bagage au bon endroit, quelque chose de presque magique se produit. Les allées se libèrent. Les montées et descentes deviennent plus fluides. Les regards se détendent. Les soupirs disparaissent. Le voyage commence déjà mieux, avant même le premier kilomètre.

Ce n’est pas une question de morale ou de règle stricte. C’est une question de bon sens partagé. Voyager ensemble, c’est accepter de faire un petit pas vers l’autre. De prendre trente secondes de plus pour ranger correctement plutôt que trente minutes de frustration collective.

Et puis, soyons honnêtes : qui n’a jamais pesté intérieurement contre une valise mal placée ? Qui n’a jamais cherché désespérément un espace alors qu’il y en avait, juste mal utilisé ? La bonne nouvelle, c’est que la solution ne demande ni nouveaux aménagements, ni investissements lourds. Juste un changement de réflexe.

Les TGV Océane ne manquent pas de place. Ils manquent parfois d’attention. D’un regard un peu plus large que son seul siège. D’une conscience que le train n’est pas un espace privé, mais un lieu de passage commun.

Alors la prochaine fois que tu montes à bord, prends une seconde. Observe. Range ton bagage là où il doit être. Aide si besoin. Explique calmement si quelqu’un hésite. Tu verras : le voyage n’en sera que plus agréable. Et sans même t’en rendre compte, tu contribueras à transformer une source de tension en simple détail du quotidien.

Parce qu’au fond, mieux voyager, ça commence souvent par des gestes simples. Et les bagages, bien rangés, en font clairement partie.

Un autre regard pour un changement positif.

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