Tata Yoyo en plein Marseille–Paris, un souvenir inoubliable
Quand un TGV se transforme en scène grâce à Tata Yoyo
Il y a des soirées de service qui ressemblent à une tournée improvisée, et franchement, celle-là, entre Marseille et Paris, reste dans mon top 3 des moments qui te collent un sourire pendant des années. Ce soir-là, j’étais avec Denis. Denis, c’est ce collègue rare, celui avec qui tu travailles comme si tu répétais un duo rodé : beaucoup de rigolade, beaucoup de rigueur, beaucoup de confiance. On se comprend sans parler, on avance ensemble, et on partage ce petit truc qui fait que le métier prend une autre dimension.
On contrôlait tranquillement en bas de la voiture 03, comme on le fait mille fois, mais ce soir-là, l’ambiance était déjà douce. Tu sais, ce genre de TGV où les gens se posent, se détendent, comme si la nuit appartenait à tout le monde. Denis est parti au fond de la voiture, vers le carré où se trouvaient quelques personnes d’un certain âge, toutes souriantes, et une jeune fille d’une vingtaine d’années, paisiblement endormie. Le genre de sommeil profond, celui où tu te demandes si même une fanfare réussirait à la réveiller.
Les dames lui présentent leurs billets, tout va bien. Et puis Denis se penche doucement vers la jeune fille, tente un réveil en douceur, rien. Il insiste un peu, elle ouvre finalement les yeux, un peu perdue dans ce mélange semi-rêve, semi-réalité. Et là, Denis, avec ce naturel désarmant, lui dit :
« Désolé, on a essayé de vous réveiller avec une chanson, mais ça n’a pas marché. »
Encore dans le brouillard, elle cligne des yeux et répond :
« Mais… quelle chanson ? »
Et Denis, avec un grand sourire :
« Tata Yoyo. »
La jeune, complètement désorientée, le regarde comme si on venait de lui parler d’un phénomène paranormal. « Je… connais pas », dit-elle. Et là, je te jure que l’espace-temps s’est suspendu. Denis lève les yeux vers moi, m’envoie ce sourire que je reconnais par cœur, celui qui dit : Nico, elle ne connaît pas Tata Yoyo… c’est maintenant qu’on agit.
Et évidemment… on a agi.
Je me rapproche. Denis commence à fredonner, je le suis direct. Les dames du carré s’y mettent aussi. La jeune fille, encore paumée mais amusée, regarde autour d’elle. Et en quelques secondes, l’ambiance se transforme : toute la voiture 03 qui chantonne Tata Yoyo, ça ne s’invente pas. Petit à petit, d’autres voyageurs lèvent la tête, sourient, se laissent embarquer. La chanson devient un fil conducteur, un prétexte pour rire, respirer, partager un moment improbable. C’est dans ces instants-là que tu réalises à quel point le train crée des ponts entre des gens qui ne se connaissent pas, mais qui vivent ensemble une micro-histoire.
Et franchement… quelle micro-histoire.
La voiture entière s’est mise à vibrer, à rigoler, à se laisser aller. Ça chantonnait faux, juste, doucement ou à pleins poumons, mais on s’en fichait complètement. On n’était plus contrôleur et voyageurs. On était un peu comme une troupe qui improvise un concert dont personne n’avait prévu l’existence. Et au milieu de tout ça, le mot clé de ce moment gravé : Tata Yoyo.
Quand on est arrivés à Paris Gare de Lyon, je crois que j’avais mal aux joues tellement j’avais souri. Les voyageurs descendaient, certains encore en train de fredonner. D’autres nous saluaient comme si on était des vieux copains qu’ils retrouvaient tous les ans. Et puis il y a eu ces dames du carré, qui en passant nous ont lâché un merveilleux :
« Merci, les tontons Yoyo ! À la prochaine ! »
J’en rigole encore rien que d’y penser.
Ce qui est fou, c’est que les autres voyageurs, ceux des voitures voisines, descendaient avec des têtes intriguées : « Pourquoi tout le monde parlait de chanson ? Qu’est-ce qu’il s’est passé dans la voiture 03 ? » Et nous, impossible de résumer sans retomber dans un fou rire. Comment expliquer que Tata Yoyo avait rassemblé des inconnus à 300 km/h sur un rail noir de nuit ?
Le plus beau dans tout ça, ce n’est pas seulement la chanson. C’est ce qu’elle a déclenché : un souvenir commun. Une émotion simple, gratuite, spontanée. De ces moments qui ne sont pas programmés par une appli, pas prévus dans un planning, pas cadrés par des règles. Juste de l’humain brut, sans décoration. Une bulle de chaleur dans un train qui file dans le noir.
Depuis ce soir-là, chaque fois que je croise Denis, je sais qu’il suffirait que l’un de nous dise « Tata Yoyo » pour qu’on reparte instantanément dans le souvenir. C’est devenu notre gimmick, notre madeleine de Proust. Et honnêtement… je pense que ça restera un de ces moments qu’on garde tout au fond de la mémoire professionnelle : celui qui revient quand on doute, quand on est fatigué, quand tout paraît un peu lourd.
Un rappel qu’un simple mot, une simple chanson, un simple sourire peut tout changer. Oui, même en pleine nuit, même dans une voiture 03, même avec des inconnus qui n’avaient rien demandé.
Et tu sais quoi ? Dans un métier où on entend parfois tout et n’importe quoi, où certains clichés ont la vie dure, où on nous imagine rigides, stressés ou distants, des moments comme celui-là prouvent exactement l’inverse. On vit avec les voyageurs. On partage leur fatigue, leurs rires, leurs galères, leurs histoires. On est parfois les témoins de leurs plus beaux instants… et parfois les partenaires improvisés de leur premier karaoké Tata Yoyo en TGV.
Et ça, franchement, ça vaut toutes les anecdotes du monde.
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2 commentaires
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Auteur/autrice
n.jareno@reseauevaleo.com

Rien que de lire, j’en rigole à mon tour 😉 merci pour ces mots bien choisis Nicolas
Bonjour Nicolas
Avec plaisir.
Si ça déclenche un sourire ou un petit rire, alors mission accomplie. Merci pour cette belle énergie partagée.