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Sortir du perfectionnisme au travail
pour retrouver l’élan et le plaisir d’agir

Le perfectionnisme au travail est souvent perçu comme une qualité. Quelque chose de rassurant, presque valorisant. Il donne l’image de quelqu’un de sérieux, engagé, fiable. Quelqu’un sur qui on peut compter. Et pourtant, derrière cette façade flatteuse, il cache parfois une fatigue silencieuse, une pression constante, et surtout un frein énorme à l’action.

Dans beaucoup de métiers, le perfectionnisme au travail s’installe sans qu’on s’en rende compte. On veut bien faire. Puis très bien faire. Puis parfaitement faire. Et à force de vouloir atteindre un idéal, on finit par se figer. On repousse, on corrige encore, on hésite, on recommence. Le projet avance… mais lentement. Parfois trop lentement. Et parfois, il n’avance même plus du tout.

Sur le terrain ferroviaire comme dans l’entrepreneuriat, ce mécanisme est le même. Chez certains agents, le moindre détail devient source de stress. La peur de l’erreur prend toute la place. Chez les entrepreneurs, c’est le lancement qui est repoussé indéfiniment : le site n’est pas assez abouti, le message pas assez clair, l’offre pas encore parfaite. Alors on attend. Et pendant ce temps, l’énergie s’épuise.

Le perfectionnisme au travail donne l’illusion du contrôle. Il fait croire que tout dépend de nous, que si l’on fait encore un effort, encore une vérification, tout ira mieux. En réalité, il alourdit le quotidien. Il transforme des tâches simples en montagnes. Il fait perdre le plaisir initial, celui qui nous a donné envie de faire ce métier ou de créer ce projet.

Ce qui est souvent oublié, c’est que le progrès ne naît pas de la perfection, mais du mouvement. L’expérience terrain, les ajustements, les retours, les imprévus font partie intégrante du chemin. Personne ne progresse en restant immobile à attendre que tout soit parfait. On progresse en avançant, en testant, en corrigeant.

S’autoriser à faire imparfait, ce n’est pas renoncer à la qualité. Ce n’est pas faire n’importe quoi. C’est accepter que la première version ne soit qu’une étape, pas un verdict. C’est comprendre que l’on peut améliorer après, affiner ensuite, corriger en chemin. C’est remettre l’action au centre.

Le perfectionnisme au travail fatigue mentalement. Il maintient une pression constante, souvent invisible pour les autres, mais bien réelle pour celui qui la porte. Cette pression s’accumule, jour après jour. Elle grignote la motivation, l’envie, parfois même la confiance en soi. On finit par douter de ses capacités alors que le problème n’est pas le manque de compétence, mais l’excès d’exigence.

Faire imparfait, c’est aussi se reconnecter à l’humain. Aucun parcours n’est linéaire. Aucun professionnel n’a tout réussi du premier coup. Derrière chaque réussite visible, il y a des essais, des erreurs, des versions bancales, des moments de doute. Les cacher derrière un perfectionnisme de façade n’aide personne.

Dans le monde du travail, on parle souvent de performance, d’efficacité, de résultats. Mais rarement de respiration. Rarement du droit à l’erreur. Pourtant, ce sont souvent ces espaces-là qui permettent de durer. De rester engagé. De garder le plaisir de faire.

Le perfectionnisme au travail peut aussi créer une distance avec les autres. On n’ose pas demander de l’aide. On veut tout maîtriser seul. On préfère retravailler encore plutôt que de montrer quelque chose d’inachevé. Résultat : on s’isole. Et l’isolement renforce la pression.

À l’inverse, accepter l’imparfait ouvre la porte à l’échange. Aux retours. Aux discussions. Aux regards extérieurs qui enrichissent. On ne cherche plus à être irréprochable, mais à avancer ensemble. Et souvent, le résultat final est bien meilleur que ce que l’on aurait produit seul, enfermé dans son exigence.

S’autoriser à faire imparfait, c’est un choix courageux. Parce qu’il va à l’encontre de beaucoup de croyances. Celle qui dit qu’il faut être irréprochable pour être légitime. Celle qui dit que l’erreur est un échec. Celle qui dit que montrer ses doutes est une faiblesse. En réalité, c’est souvent l’inverse.

Quand on lâche un peu le perfectionnisme au travail, quelque chose se détend. Le corps respire. L’esprit s’allège. L’action redevient fluide. On retrouve le plaisir de cocher une tâche terminée, même imparfaite, plutôt que de laisser une liste interminable de choses “presque prêtes”.

Et surtout, on avance. Pas à pas. Avec plus de constance. Plus de régularité. Plus d’énergie aussi. Parce que l’énergie ne se gaspille plus dans la peur de mal faire, mais se concentre sur ce qui compte vraiment.

👉 L’action à mener cette semaine

Choisis une seule tâche que tu repousses depuis trop longtemps à cause du perfectionnisme au travail. Décide consciemment de la réaliser à 80 %, pas plus. Finalise-la. Envoie-la. Publie-la. Termine-la. Puis observe ce qui se passe réellement, pas ce que tu redoutais.

Très souvent, tu découvriras que l’imparfait fait avancer bien plus sûrement que la perfection immobile.

Et si, finalement, avancer imparfaitement était la plus belle forme de professionnalisme ?

Un autre regard pour un changement positif.

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